Interview avec Christophe Condello, un poète qui baigne dans la littérature québécoise

Dernière mise à jour : 14 févr.

Propos recueillis par Ève Normandin-Corriveau


Christophe Condello boit et mange de la poésie. Auteur de plusieurs recueils, cet auteur originaire de Grenoble publie son poème Revenir dans le deuxième numéro (volume 1) de la revue littéraire Soleil hirsute de l’automne 2021 (à lire et télécharger gratuitement dans l’onglet Magazine).

Poème « Revenir », publié dans la revue Soleil hirsute

D’où vous est venue l’inspiration pour votre poème « Revenir » ?


« Revenir » s’inscrit dans ma démarche poétique qui consiste à réfléchir sur le sens de notre existence et à rétablir le lien entre l’humain et la nature, les éléments qui nous entourent et qui nous influencent tant. Il fait partie d’un recueil en préparation, L’écorce de l’aube.


Vous êtes un auteur prolifique. Pouvez-vous nous parler de votre dernier recueil de poésie ? Quels thèmes y sont abordés ?

Mon dernier recueil s’intitule Rien de plus qu’un écho et vient de paraître chez Le Lys Bleu Éditions. Il est d’ailleurs préfacé par une auteure que j’aime beaucoup, Mme Aimée Dandois. Il porte un regard, que j’espère lucide et inspiré, sur l’infini de notre intériorité et les bourrasques parfois contradictoires de l’âme. À la fois quête et réflexion, il tente une incursion dans les mondes visible et invisible qui nous environnent. Le livre s’ouvre sur l’être, le temps, l’univers et l’intime en souhaitant ne jamais avoir de fin.


Photo de Christophe Condello
Photo fournie par l’auteur

Vous êtes très actif dans le paysage littéraire québécois. Entre autres, vous avez été responsable de la poésie pour la revue Brèves littéraires et vous avez siégé au Conseil des arts et des lettres du Québec. De quelle façon ces expériences ont-elles été enrichissantes ?


Cela a été une expérience fantastique puisqu’elle m’a permis de connaître et de côtoyer des personnes et des poètes extraordinaires, des intelligences vives et différentes, entre autres France Boucher et Jean-Pierre Gaudreau que je salue et que j’invite toutes et tous à lire. J’ai pu aussi découvrir en primeur de jeunes auteurs inconnus qui sont devenus par la suite des références en la matière. Cette implication a eu une influence plus que positive sur la personne que je suis aujourd’hui et sur mon écriture, bien entendu. Enfin, il s’agit aussi d’une manière de contribuer à la visibilité de cet art et de redonner à la poésie et à autrui un peu de tout ce qu’elle m’a apporté.


Pouvez-vous évoquer un moment marquant dans votre cheminement de poète ?

Comme je le dis souvent, la poésie ouvre toutes les portes, même celles qui n’existent pas.

Au tout début de mon processus d’écriture, alors que je n’avais qu’une vague idée de ce que peut être un poème, j’ai eu l’immense privilège d’être parrainé par M. Normand de Bellefeuille. Il a été d’une extrême patience et gentillesse avec moi au cours de nos rencontres. Surtout, et je ne pense pas qu’il le sache, son époustouflante intelligence, sa poésie lumineuse et innovatrice, m’ont accompagné tout au long de ma vie. Il a su tracer un chemin gigantesque devant moi. Si j’écris aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à lui et je lui en serai toujours reconnaissant. Un homme et un poète monumental.

Quels auteurs ou auteures vous ont marqué, et pourquoi ?

Au-delà des personnes que j’ai citées, je vais nommer Anise Koltz, Israël Eliraz, Hélène Dorion et Adonis. Il y en a bien d’autres, évidemment. L’œuvre de ces poètes est reconnue mondialement. Pour la beauté, l’imaginaire, la connaissance, la luminosité. Avec des textes parfois brefs, polysémiques, ils réussissent toujours à nous amener ailleurs. J’ai lu et relu tout ce que j’ai pu trouver les concernant. Et à chaque fois, c’est un coup de cœur, un coup de foudre. Ils savent, je crois, comme personne, nous toucher au plus profond de ce que nous sommes.

Un livre que vous nous recommandez ?

Actuellement, je lis avec délice la poésie de Joséphine Bacon, une auteure innue de Pessamit. Son livre Uiesh, Quelque part se démarque particulièrement, et est un appel à l’amour et à la vie. Une écriture simple, concise, imagée, réflexive, émotive, tout en délicatesse. Une bougie qui éclaire nos nuits et nos jours. Du pur bonheur.


En tant qu’auteur, quelle est pour vous l’ambiance de travail idéale, qui stimule votre créativité ?


Je ne sais pas s’il y a une ambiance ou une recette idéale. Le meilleur conseil que je puisse donner, et je me répète, c’est de lire.

Lisez de la poésie comme vous respirez. Laissez-vous imprégner par les mots des autres jusqu’à ce qu’ils deviennent les vôtres.

En plus du plaisir que cela procure, un espace littéraire nouveau se créera à l’intérieur de vous ainsi que d’innombrables possibilités. Puis écrivez, laissez reposer, puis réécrivez. Recommencez. Jusqu’à ce que vous obteniez le résultat désiré. Finalement la poésie est et doit être un lieu de partage et d’émotions.

Votre citation préférée ?


J’aime souvent dire à mes proches cette célèbre citation du philosophe américain Nike : « Just do it ». Plus sérieusement, je suis assidûment transporté par cette phrase : « Les étoiles ne sauront jamais rien de l’amour que leur porte le néant ».


À la fois poète, haïkiste et pacifiste, Christophe Condello est né à Grenoble et vit maintenant à Laval (Québec). Il a siégé au conseil d’administration de la Société littéraire de Laval, comme membre du jury du Conseil des arts et des lettres du Québec pour les bourses aux écrivains, du prix de poésie intercollégial ainsi que pour l’attribution du prix Jacqueline Déry-Mochon.


Il est membre de l’U.E.R.A. (Union des Écrivains de Rhône-Alpes), de Poètes du monde, du jury intercollégial de Poésie et ancien responsable de la poésie de la revue Brèves littéraires. Il est apparu dans la 6e anthologie de la poésie de Jacques Basse et dans Anthologie Poésie du monde 2020 aux éditions du Cygne.


Il a publié dans de nombreuses revues et 7 recueils de poésie, soit Les jours fragiles au Noroît, L’ailleurs éparpillé au Loup de gouttières, La seconde résurrection au Cygne, Le jour qui s’attarde chez Éclats d’encre, Entre l’être et l’oubli chez Pierre Turcotte Éditeur, Après la cendre chez Le Lys Bleu Éditions et Rien de plus qu'un écho chez Le Lys Bleu Éditions.


Il est finaliste des Grands Prix Desjardins pour la culture, catégorie littérature, 2021.

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