Interview avec Régine Dottori, poète : Jouer avec la sonorité des mots

Propos recueillis par Ève Normandin-Corriveau


Dans son poème Maie fille de chaîne et de trame, Régine Dottori joue avec le mot mémoire et les images et sensations qu’éveillent ses sonorités. Sa contribution figure dans le deuxième volume de la revue littéraire Soleil hirsute de l’automne 2021 (à lire et télécharger gratuitement dans l’onglet Magazine).

Extrait provenant de la revue Soleil hirsute

D’où vous est venue l’inspiration pour votre poème Maie fille de chaîne et de trame ?


L’idée était de jouer avec le mot « mémoire ». La sonorité a guidé le choix des mots, ces derniers élaborant progressivement une thématique. Une fois terminé j’ai pris conscience de la portée du propos.


Quels thèmes importants à vos yeux sont abordés dans vos œuvres ?


L’humain, sa complexité, même dans son quotidien. La nature peut m’inspirer, mais en fait c’est le regard de l’humain qui l’anime. Bien qu’elle n’ait pas besoin de moi pour exister, j’y projette mes pensées, mes ressentis et elle devient multiple.


Vous avez exercé des métiers très variés, tels qu’éducatrice spécialisée, formatrice céramiste, responsable de galerie d’art, etc. Comment ces différents domaines influencent-ils votre regard de poète ?


Ces professions ont un impératif commun, celui d’être à l’écoute des personnes, des mots autant que des non-dits. Il faut aussi faire confiance à son intuition, prendre en compte l’ensemble avant de dire.

Il me semble que la même démarche se développe dans la recherche d’une idée ou d’un mot : il faut cheminer en accord avec sa pensée.

Photo de Régine Dottori par Florence Marcombe
Photo de l'auteure prise par Florence Marcombe

Pouvez-vous évoquer un moment marquant dans votre cheminement de poète ?


J’écris. Les histoires, les personnages, les sentiments me promènent. Au cours d’un atelier d’écriture, une animatrice a parlé à propos d’un de mes textes de prose poétique. Ce terme m’a amusée puis ouvert l’horizon vers différents types d’écritures.


Quels auteurs ou auteures vous ont marquée, et pourquoi ?


En primaire, la journée débutait par la « récitation ». Notre institutrice choisissait Charles Baudelaire, Paul Fort mis en musique par Georges Brassens. Quelle chance ! Ma mémoire préserve encore La servante au grand cœur, Le petit cheval blanc et bien d’autres.


J’évite la bousculade; le premier nom qui arrive est Marguerite Duras. Son écriture était différente, puissante, un mot et pas l’autre pour nous écrouler de chagrin ou de chaleur. J’aime aussi son cinéma. L’absence ? Un écran noir.

Un livre que vous nous recommandez ?

Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin.


En tant qu’auteure, quelle est pour vous l’ambiance de travail idéale, qui stimule votre créativité ?


Le calme entouré de l’agitation de la ville où je puise de l’énergie.


Votre citation préférée ?


« Non, la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. » – Picasso


Je pense qu’elle s’applique à l’art, quelle qu’en soit la forme.


Régine Dottori vit en France. Elle a exercé des métiers très variés : éducatrice spécialisée, formatrice céramiste, responsable de centre culturel, responsable d’une galerie d’art contemporain. À présent retraitée, elle participe à des ateliers d’écriture depuis janvier 2016. Elle est également autrice de textes à propos de travaux de plasticiens.

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