Replonger dans les souvenirs : Les écrivements

Dernière mise à jour : 16 sept. 2021

Ève Normandin-Corriveau


Photo : Ève Normandin-Corriveau

Les écrivements de Matthieu Simard, publié en 2018 aux Éditions Alto


Jeanne s’est fait laisser par Suzor il y a quarante ans. Lorsqu’elle apprend qu’il est atteint d’alzheimer, elle décide de le retrouver pour ne pas être la seule à se souvenir de leur passé lourd. Elle est accompagnée dans sa quête par Fourmi, sa jeune ex-voisine un peu farouche.


 

Dès le début, on sait qu’on a affaire à un personnage hors normes. Jeanne est une vieille femme, certes, mais elle n’a rien d’une grand-maman gâteau. Elle est irritable et se fiche de ce que tout le monde pense, en plus d’avoir des habitudes assez saugrenues. L’une d’elles est de consigner chacun de ses souvenirs associés à Suzor dans un petit carnet, pour ensuite les rayer complètement de sa mémoire.


Ces souvenirs sont les fondements du roman. À mesure que Jeanne s’approche de son but, on en apprend davantage sur ce qu’elle et son conjoint ont vécu durant les années cinquante, événements qui les ont durement ébranlés et ont soudé leur couple pendant de nombreuses années.


L’une des particularités de ce roman est sa façon de conjuguer la douleur et l’humour : on aborde la vieillesse, la solitude et les traumas, sans jamais sombrer dans la mélancolie. Si j’ai adoré voir les traces laissées par l’événement qui a tant perturbé la vie de Jeanne et de Suzor, j’ai toutefois été moins convaincue par les flashbacks eux-mêmes. La mésaventure du couple dans les années cinquante m’a paru peu crédible. Les explications de la narratrice à ce sujet restent floues, ce qui m’a un peu fait sourciller comme lectrice, mais qui concorde toutefois avec la psychologie du personnage.


L’écriture truffée de jeux de mots et d’images singulières est l’un des aspects du livre que j’ai le plus aimés. Il fait en sorte que l’histoire demeure feel good, malgré les thèmes plus durs qu’elle aborde. J’ai passé un très bon moment avec ce petit roman rafraîchissant et j’ai bien hâte de continuer à lire Matthieu Simard.


À lire si vous voulez être ému tout en gardant le sourire, et faire changement des romans mettant en vedette des Montréalais dans la trentaine.


Connaissez-vous d’autres livres centrés sur des personnes âgées?



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